Les "Manus" - Macon - Introduction

Publié le par Eric C

Avant la deuxième guerre mondiale, la Régie subvenait seulement à une partie de ses besoins en tiges d’allumettes, et s’approvisionnait, pour le complément, auprès de producteurs scandinaves ou est-européens.

A partir de 1940, placé devant l’impossibilité de faire appel à l’importation, le S.E.I.T.A. décidait la création d’une Manufacture chargée de produire des tiges. La région de Mâcon était retenue pour y implanter cette fabrique parce que l’approvisionnement en bois de peuplier y était aisé et que le Service se dotait ainsi d’un centre de distribution des produits finis permettant de couvrir le Centre-Est du pays.

Une Manufacture provisoire était installée dans les locaux d’une ancienne filature dès 1941. Puis, rapidement, des terrains étaient acquis dans une zone industrielle proche du port fluvial de Mâcon, où étaient édifiés au cours des premières années d’après-guerre, les bâtiments de la Manufacture.

L’usine de Mâcon était primitivement consacrée à la fabrication exclusive des tiges ; mais depuis, elle a été dotée de chaînes complètes de fabrication équipées des machines françaises et étrangères les plus modernes. Cette Manufacture fournissait une grande variété de produits. Elle fabriquait les boîtes de types courants (boîtes ménage « Gitane » et boîtes « Provinces » à l’époque), les pochettes « Chamois » (à partir de 1956), les pochettes publicitaires et s’occupait de l’impression des étiquettes.

En 1956, l’usine fermait provisoirement ses portes et les nouvelles installations implantées en zone industrielle commençaient à fonctionner. Ces installations furent complétées par la construction de nouveaux bâtiments.

La surface couverte était de 25 000 m² sur un terrain de 95 000 m².

En 1990, l’usine employait encore 150 personnes pour une fabrication de 14 milliards d’allumettes.

A cette époque, outre la boîte « Cuisine Pratic », l’usine fabriquait des allumettes fumeurs (boîtes « instant Passion » et « instant Plaisir » ainsi que les pochettes « instant Déclic ») et de nombreuses variantes utilisées par les annonceurs comme support publicitaire (pochettes à allumettes carton, à allumettes bois, petites boîtes de différents modules).

L’usine de Mâcon réalisait également, dans deux ateliers au matériel moderne, l’impression de l’ensemble des coulisses de boîtes d’allumettes « familiales » et « fumeurs » et l’impression et le façonnage d’étuis pour cigarette « Gitanes ».

La loi du 4 décembre 1972 porte sur l’aménagement du Monopole des Allumettes et supprime le monopole d’importation à l’intérieur des pays membres du Marché Commun.

Mais ce ne sont pas les allumettes importées qui font tort au Service des Allumettes. Peu à peu battu en brèche par les briquets pour fumeur et les allumages intégrés pour la ménagère, il doit concentrer encore son outil de production. Après la fermeture de Trélazé, en 1981, il ne compte plus que deux usines : Mâcon et Saintines.  On dira au revoir à Mâcon au début des années 90.

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