Les "Manus" - Metz - Quelques Dates

Publié le par Eric C

1857 : Projet de construction d'une manufacture de tabacs à Metz.

1862-1868 : Félix Maréchal, maire de Metz, offre une partie de l'abbatiale Saint-Vincent pour stocker des feuilles de tabac. Un atelier de cigares s'y adjoint et emploie 400 personnes en attendant de réfléchir à la construction de la manufacture. Ce n'est qu'en 1868 qu'elle démarre dans l'ère de la transformation et de la mécanisation industrielles.
Le ministère de la guerre profite de l'occasion pour délimiter ses domaines de fortifications, aménager et agrandir les casemates du bastion 61 du front Saint-Vincent. En effet, la manufacture repose sur 27 casemates.

1870 : les travaux sont terminés mais le bâtiment est réquisitionné pour accueillir les blessés durant le blocus de Metz.

1872 : les Allemands y installent les douanes et un magasin aux vivres.

1875 : Nicolas Rettien fonde la manufacture d'allumettes de Ban-Saint-Martin. En 1898, un de ses trois fils, Eugène, crée celle de Devant-les-Ponts.

1919 : finalement, l'activité du tabac commence réellement. 210 personnes travaillent à fabriquer, pour la troupe, l'emblématique « petit gris », cigarillos et cigarettes.

1940-1945 : la manufacture fabrique du tabac pour l'armée allemande ; on y verra même la croix gammée sur les paquets. Pendant ce temps de guerre, les casemates sous la manufacture servent de postes de secours et abritent les 2 000 personnes du quartier durant les alertes. Après guerre, les trois-quarts de l'établissement sont en ruine.

1955-1976 : ce n'est qu'en 1955 que la reconstruction de la manufacture est terminée. On instaure le travail à la chaîne. Cette modernisation de l'usine permet d'employer 400 personnes. En 1976, l'usine fabrique des filtres à cigarettes.

2000-2010 : la manufacture alimente le tabac français, exporte vers certains pays européens, la Finlande en particulier. Le 30 juin 2010, s'achève l'histoire de la manufacture messine. Les derniers témoins, actifs et retraités, assistent à la destruction symbolique du dernier paquet de « petit gris ». C'était la dernière usine créée par Eugène Rolland.

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