Les "Manus" - Marseille - Photos diverses
🔥 Marseille, capitale des allumettes au XIXᵉ siècle
Au cœur du 3ᵉ arrondissement de Marseille, un bâtiment discret cache une histoire flamboyante. Créé en 1860, le Comptoir abrita d’abord la manufacture d’allumettes Caussemille, avant de se transformer en 1910 en herboristerie et comptoir d’épices, sous le nom Société Planchon Bourget.
Tout commence avec Joseph Toussaint Caussemille, qui ouvre en 1847 la Fabrique de l’Aigle avec seulement deux employés. Visionnaire, il fonde ensuite la société Caussemille Jeune & Cie, spécialisée dans les allumettes en bois et surtout dans les fameuses allumettes-bougies, récemment lancées sur le marché.
Le succès est fulgurant : en 1872, les manufactures marseillaises Caussemille Jeune & Cie et Roche & Cie dominent non seulement le marché régional et national, mais aussi une large part des marchés étrangers. À elles seules, elles emploient plus de 1 200 ouvriers (500 à la Belle de Mai, 700 au Prado) et génèrent deux tiers de l’activité française du secteur.
Mais la prospérité privée s’achève brutalement : en 1872, l’État instaure le monopole public des allumettes (loi Goulard). Les grandes usines de Marseille rejoignent alors le réseau national, aux côtés de Pantin, Aubervilliers, Bordeaux, Trélazé et Saintines, marquant le passage d’une industrie locale florissante à une production centralisée et contrôlée par l’État.
Aujourd’hui, le Comptoir demeure le dernier témoin bâti de cette épopée marseillaise des allumettes, à la croisée de l’histoire ouvrière, de l’innovation industrielle et du patrimoine patrimonial.
🔥 Marseille, Capital of Matches in the 19th Century
In the heart of Marseille’s 3rd arrondissement, a discreet building conceals a blazing history. Built in 1860, the Comptoir first housed the Caussemille match factory before transforming, in 1910, into an herbalist’s workshop and spice trading house under the name Société Planchon Bourget.
It all began with Joseph Toussaint Caussemille, who in 1847 opened the modest Fabrique de l’Aigle with just two employees. A visionary, he went on to found Caussemille Jeune & Cie, specializing in wooden matches and, above all, the famous “candle-matches” recently introduced to the market.
The success was meteoric: by 1872, the Marseille factories Caussemille Jeune & Cie and Roche & Cie dominated not only the regional and national market, but also a significant share of international trade. Together, they employed over 1,200 workers (500 at Belle de Mai, 700 at Prado) and accounted for two-thirds of France’s match production.
But this private prosperity ended abruptly: in 1872, the State imposed the public monopoly on matches (Goulard Law). Marseille’s great factories were absorbed into the national network alongside Pantin, Aubervilliers, Bordeaux, Trélazé, and Saintines, marking the shift from a thriving local industry to a centralized, state-controlled production.
Today, the Comptoir stands as the last surviving witness of Marseille’s match-making epic — at the crossroads of working-class history, industrial innovation, and cultural heritage.
Visitez le musée virtuel / Visit the virtual museum :
Le Musée virtuel des Allumettes / The Virtual Match Museum
Le Comptoir Toussaint-Victorine, 1870
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Boîtes Caussemille
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Photo 01 (Mai 1953) : Photo de l'ancienne porte de la rue Borde.

Photo 02 (Mai 1953) : Vue de l'ancienne porte prise de l'intérieur.

Photo 03 (Novembre 1953) : Vue de la nouvelle porte prise de la rue Borde.


Photo 04 & 05 : Vue générale de la "Manu"

Photo 06 & 07 : Vue d'ateliers
Photo 08 : Chantier à bois ? (semble-t-il).